Moment présent : comblez votre espace-temps intelligemment

Il est plus facile d’apprécier le moment présent lorsque rien ne menace l’intégrité physique, psychique ou émotionnelle de l’être. Mais qu’en est-il lorsque la ‘vie’ est menacée ? Il faut différencier l’instant présent du quotidien, où rien ne menace, de l’instant présent durant lequel on vit la menace.

L’instant présent de la menace

Lorsqu’une menace est en train de détruire votre intégrité de façon imminente : menace de mort imminente, c’est l’instinct de survie qui prend les commandes et choisit, selon votre nature : fuite, combat ou inhibition. C’est le mode pilotage automatique, parfait tel qu’il se présente. Le jugement n’y a pas sa place, ni la reconstitution émotionnelle du scénario (« j’aurais dû faire ceci ou cela ») additionnée de regrets, de remords ou de culpabilité. C’est le moteur autonome de secours.

La question « à partir de quelle mémoire ou programmation ai-je eu à expérimenter cet événement ? » vient ensuite, dès lors que « j’observe avec neutralité, sans jugement, ce que j’ai vécu, la façon dont mon instinct de survie s’est manifesté, en sachant que c’était la meilleure pour moi, et ce qu’il ressort au-delà de l’image : les émotions, sentiments, ressentis ». Et puis je recherche les croyances que j’ai validées comme vraie à partir le là. Alors je peux modifier la vibration en comprenant ce que mon âme vibre et je m’en détache émotionnellement.

Les émotions, moteurs de survie

La colère

Elle déclenche la lutte, le combat, l’affrontement de la menace. C’est la part de Soi qui dit « NON ». Elle nous permet de nous faire respecter et de nous affirmer. (Un enfant qui n’a pas pu exprimer sa colère devient un adulte qui manifeste de la rage → maladie.)

La tristesse

Elle déclenche l’inhibition — « faire le mort » pour que la menace s’éloigne. C’est la part de Soi qui dit « ADIEU ». Elle met en veille notre énergie pour lâcher prise, accepter ce qui ne peut être changé, et nous répare. (Un enfant qui n’a pas pu exprimer sa peine devient un adulte qui ne pleure pas → dépression chronique → maladie.)

La peur

Elle déclenche la fuite, la mise à distance de la menace. Elle est la gardienne de la vie : grâce à elle, on est prudent. Mais si la sonnette d’alarme sonne tout le temps (sursauts, hypervigilance, peur de la maladie, fuite des conversations, agitation permanente), elle est déréglée — et en cas de réel danger, le cerveau ne saura pas déclencher la réaction appropriée. (Un enfant qui n’a pas pu exprimer sa peur devient un adulte qui panique → mal-être → maladie.)

La joie

Elle est une émotion, mais aussi une dimension de la conscience : l’Amour, le Haut-Respect, la capacité à exister dans le respect de soi ET de l’autre. Attention aux croyances liées à l’« amour inconditionnel » qui exclurait le respect de vos limites : ce serait un consentement à l’abus. La joie est la plus puissante des émotions, car elle permet le dépassement : sortir des schémas de survie (lutte, fuite, soumission) et choisir son existence plutôt que la subir.

Quand on reste bloqué en mode survie

Quand les émotions s’installent durablement, l’hippocampe ne parvient plus à inhiber la sécrétion hormonale (cortisol, adrénaline) pour rétablir l’équilibre. La peur cède la place à l’anxiété, la colère à l’agressivité, l’abattement à l’état dépressif. Une émotion réprimée engendre des mécanismes de défense (défense primaire, faux pouvoir, faux espoir, déni) qui réduisent notre angle de vue sur la réalité. C’est l’état de stress : le moteur de secours s’est enrayé et ne rend pas la main au moteur principal.

Ainsi nous projetons les stigmates émotionnels d’un événement traumatisant vécu dans un espace-temps de survie à l’intérieur de l’espace-temps présent de la vie quotidienne. La plupart d’entre nous ont tant de difficultés à apprécier l’instant présent ordinaire parce qu’ils l’alimentent inconsciemment de leur expérience rapatriée du mode survie, sans passer par la case « ici et maintenant, tout est ok pour moi ».

Que faites-vous de ce temps qui passe ?

Quand vous êtes dans l’instant présent non menacé : que faites-vous de ce temps qui passe ? Vos pensées partent-elles ressasser le passé, ou se projeter dans un futur fondé sur la peur ? Prendre conscience de la façon dont vous alimentez votre moment présent est une première étape vers un autre niveau d’épanouissement. Là sont les pratiques des initiés : vous autoriser à vivre l’expérience du moment présent épanoui, choisi par la qualité que vous lui accordez.

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